Paris, Arbres Remarquables | Tristan Robert-Delrocq

Participation
BT80

En 2011, la Mairie de Paris a réalisé un inventaire complet de ses arbres remarquables.
Cette même année, proclamée mondialement par les Nations Unies comme celle des forêts, a permis de répertorier 222 spécimens appartenant à 80 espèces différentes, répartis parmi les plus de 400 parcs et jardins que compte la ville.

Paris, Arbres Remarquables est un compte-rendu photographique des plus importants arbres remarquables répertoriés en 2011.
Peuplant les vingt arrondissements de la capitale, du bois de Vincennes au Bois de Boulogne, en passant par le cimetière du Père-Lachaise, le Jardin des Plantes ou encore l’Avenue Foch, ce projet au long cours, commencé à l’Automne 2015, a pour but de montrer comment ces spécimens se sont adaptés à un environnement urbain délicat.

À Paris, l’arbre est avant tout un élément à part entière du mobilier urbain, il orne les avenues, ombrage nos parcs, borde les rives de Seine et contribue principalement à embellir l’espace public.
Constamment raccourci, élagué et retravaillé pour les besoins esthétiques qui en résultent, nous créons des plaies qui le mettent en difficulté et l’exposent à des parasites.
Après plusieurs années de « coupes » préventives, l’arbre malade dépéri et devient potentiellement dangereux.
Faute de pouvoir le sauver, il est abattu et remplacé par un nouvel arbre, qui subira sûrement le même destin.

Les quelques arbres centenaires que comptent la ville font donc figure de vrais survivants, et
d’exceptions dans une société où rien ne dure.
Quel avenir attend ces géants des villes dans 10, 20, 50, 100 ans ?

Le Robinier de Jean Robin, jardinier du Roi Henry IV, témoin inébranlable de l’expansion
urbaine de Paris depuis 1601, fleurira-t-il toujours square Viviani ?

Combien de temps encore le Séquoia géant des Champs-Élysées, habitué aux forêts humides de la Sierra Nevada, trouvera-t-il les ressources nécessaires pour survivre au trafic incessant de la plus belle avenue de Paris ?

Et qu’adviendra-t-il du Hêtre du Pré-Catelan, qui vit le jour peu avant la Révolution française et qui se fragilise année après année ?

Photographier ces témoins de l’histoire de Paris est un moyen de les figer dans le temps et honorer leur présence s’ils viennent à disparaître.
Longévité, grandeur, résistance, stabilité, ... Ces êtres dont les caractéristiques se confondent avec nos aspirations contemporaines sont un modèle.
En s’y intéressant, ils nous ramènent à une notion du temps indéniablement plus saine et plus juste.

Tristan Robert-Delrocq

Tristan Robert-Delrocq est né en 1991.
Il vit et travaille à Paris, France.
Photographe autodidacte, il découvre la photographie grâce à son père, qui lui offre son premier appareil photo à 11 ans.
En 2006, il découvre l’œuvre documentaire de Gerrit Engel « Manhattan, NEWYORK », qui le marque non seulement par son esthétique objectiviste, mais aussi par l’extraordinaire richesse architecturale de New York.
C’est après sa formation artistique en Arts-Plastiques qu’il se spécialise dans la photographie documentaire.
En 2015, s’interrogeant sur la relation conflictuelle entre urbanisme et espace naturel, il décide de développer son premier projet au long-cours sur les arbres remarquables de Paris.
Le photographe s’applique ainsi à établir un inventaire des spécimens du Paris intra-muros, ce durant 4 ans, à chaque saison.
Il prend alors toute l’ampleur de la diversité naturelle présente au sein de la ville, et entretient une relation privilégiée avec ces êtres emblématiques.
Les réflexions techniques sur la photographie sont progressivement remplacées par des considérations d’ordre temporel, et d’une remise en question de la notion de durée de vie au sein de notre société.