• Blue/Bleu | Gabriel Dia

    Quand la légèreté rencontre la profondeur :

    Alors que je m’enivre, virevolte, légère comme une plume, jouet du vent qui m’étourdit, tu t’es subrepticement introduit dans mon espace, entrouvrant, fermant les fenêtres, calmant la tempête.
    Tout mon contraire. Tu es profond, vif, pénétrant, apaisant. Parfois brise ou souffle je suis sur le qui-vive des émotions, sensations ressenties au passage de ton parfum, ton odeur dans mon dos, comme un courant d’air qui claque les portes fait s’envoler les feuillets de nos mots.
    J’ondule, m’amuse et alors sans vraiment m’en rendre compte, intelligent tu m’apprivoises.

    Je suis joyeuse comme une gamine. C’est ça en fait, je n’ai plus d’âge, ou si, celui intemporel des débuts, du début. On le dit autour de 15 ans, parce que c’est là souvent qu’on croit les perceptions plus intenses, aussi parce que la tête est vide et le cœur léger. Vide de déconvenues et autres tristesses.
    Lors de la première entrevue, je n’étais pas prête, n’ayant pu sortir quelques mises en gardes qui me seraient venues de résistances.
    Je t’ai dit que ça ne serait pas pour la vie, tu m’as répondu de ne pas m’en faire!
    Bien que ne pas m’attacher était dans mes intentions, je m’enorgueillis de ne retenir aucun prénom, mais le tien je m’en souviens. Peut-être parce que tu n’as pas cherché à me l’imprimer. Je pensais rester quelques heures, voire quelques jours comme je fais d’habitude mais sans me retenir tu as susurré une nuit :
    « L’espace est assez grand pour que nous puissions y respirer à deux.
    Je ne te demande pas de m’aimer, juste de ne pas t’inquiéter.
    Toi qui prône la légèreté, tu es bien accrochée à tes principes dès qu’il s’agit de rester. »
    Ça ne m’a pas plu alors je me suis attardée.
    Mieux, je garde mon air, mon souffle, ma gaité, ma désinvolture, mon insouciance. On continue à vivre ça avec indolence et insolence. C’est trop beau pour être faux et ça fait un moment que ça dure.
    Ce qui compte ce n’est pas tant que nous ne nous quittions pas mais plutôt que nous n’ayons pas envie de le faire.
    Étrangement je me sens plus libre, sans doute délestée du poids de l’idée que les choses ne peuvent pas durer…
    La légèreté que je suis a trouvé un candidat à sa hauteur, la profondeur…

  • Blue/Bleu | Gabriel Dia

    Alors que je m’enivre, virevolte, légère comme une plume, jouet du vent qui m’étourdit, tu t’es subrepticement introduit dans mon espace, entrouvrant, fermant les fenêtres, calmant la tempête.
    Tout mon contraire. Tu es profond, vif, pénétrant, apaisant. Parfois brise ou souffle je suis sur le qui-vive des émotions, sensations ressenties au passage de ton parfum, ton odeur dans mon dos, comme un courant d’air qui claque les portes fait s’envoler les feuillets de nos mots.
    J’ondule, m’amuse et alors sans vraiment m’en rendre compte, intelligent tu m’apprivoises.
  • Transe | Charlotte Audureau

    Transe est une réflexion autour des instants dénudés qu’offre l’état de transe.
    Entrainée par un profond désir de lâcher prise, Charlotte Audureau s'intéresse aux états modifiés de conscience. Comment renouer avec son intime ?
  • Bhopal, des saris pour mémoire | Isabeau de Rouffignac

    Fallait-il déposer devant elles ces saris imprimés de coupures de presse racontant cette nuit de décembre 1984 où un gaz mortel s’est échappé de l’usine chimique Union Carbide et s’est insinué partout dans la ville, d’imageries médicales où l’on devine les ravages silencieux qui finissent par exploser et laissent les corps épuisés, du squelette de l’usine comme une statue figée qui rappelle que la page n’est pas tournée, de ces vues des alentours, là où, défiant l’impensable, les familles vont pique-niquer ? Elles les ont dépliés, se les sont appropriés, s’en sont drapé et m’ont regardée ou ont préféré m’offrir leur dos, juste leur silhouette comme une image figée.
  • Fovea | Sarah Seene

    Qu'ils soient malvoyants à cause d'une maladie dégénérative, d'un accident de voiture, d'un AVC précoce ou qu'ils soient nés aveugles, ces jeunes ont un parcours de vie saisissant qui témoigne d'une résilience hors du commun. Loin des cannes blanches et des lunettes fumées, les portraits de ''Fovea'' se construisent aux antipodes des clichés sur la déficience visuelle. Ils illustrent le rapport tendre et poétique que les jeunes malvoyants et non-voyants entretiennent avec le monde qui les entoure.
  • Errance africaine | Alexandre Vigot

    Alexandre Vigot est un photographe pour qui la photographie est plus que juste un instrument de voyage, plus qu’un esthétisme. C’est du vécu. Du partagé. Et à partager après avec nous, qui les regardons. Au long des routes et des pistes, ont lieu des rencontres des gens car Vigot est essentiellement un photographe humain, à l’écoute des autres, de l’Autre.
  • Je n'écris plus pour moi seule | Lise Dua

    Après avoir photographié ma demi-sœur cadette pendant dix ans Lise Dua découvre que les photographies prises de ma sœur répondent directement aux images de son père, qui ne devint pas photographe. Répétées de manière inconsciente, ces images interrogent sur le lien entretenu entre différentes générations d’une famille et plus largement sur la construction de l’identité.
  • Des visages et des peines | Meireis

    Antoinette, N’Dume, Joaquin, Cheng Hsing-tse, … sont unis par une sentence commune : la mort.
    De quelques mois à plusieurs décennies passées dans le couloir de la mort, tous décrivent le temps qui s’étire, leur dignité prise en otage et la souffrance psychologique du quotidien. Ne plus avoir prise sur rien, ne plus avoir de choix, pas même le choix de soi.
  • Yu Hirai | Entre Chien et Loup et après

    Lorsque le jour baisse et que vient la nuit, les lampes à l'intérieur esquissent lentement leur lumière.
 J'adore l'instant où ces deux sources de lumière se rencontrent. J'ai choisi la couleur, rouge, pour représenter la lumière de l’intérieur.
 Et alors, au crépuscule j'ai pris des photos puis des portraits, mon mari, ma mère, moi-même, en projetant la lumière rouge dans l'espace intime.
  • Make Cruise great again | Didier Bizet

    La croisière ne sait jamais aussi bien portée, Miami a été déclarée par le président de la société Royal Caribbean, « capitale mondiale de la croisière ». Les Américains toujours en demande de gigantisme et de démesure sont les enfants les plus heureux du monde lorsqu’ils montent sur le plus grand paquebot du monde avec 9000 personnes à bord, pour une croisière de «rêve américain».
  • Like the rain falling from the sky | Nicola Bertasi

    War still flows today, like a river, in our imagination. Death and devastation are the mosaic of those news that keep following one another in the newspapers, on the web, on television, on the radio. Death and war are the archetypes par excellence of current events. The regime of this 21st century is precisely that kind of actuality understood just as present tense. Only present tense, only now, just for a while. Like a story on Instagram.
  • Dengue : territoires épidémiques | Adrienne Surprenant

    Une mélopée de prières récitées par une trentaine de personnes entre les murs décrépits de l’hôpital Hajrat Shah Ali Bagdadi marque le deuil du jeune Maruf, 8 ans. L'enfant, auparavant en bonne santé, est l’une des victimes de la pire épidémie de dengue à Dhaka, Bangladesh, depuis l’an 2000.
  • Monsieur | Clea Rekhou

    Depuis plusieurs années, les consciences s’élèvent, à juste titre, face à la souffrance des victimes de violence domestique. Les hommes qui en sont les auteurs sont exclus du dialogue et de la recherche de solution face à ce fléau.
  • L’orphelin de la Chine | Jin TIAN

    En Chine, dans les zones rurales, la mise en place de la politique de l’enfant unique et le coût élevé de la vie ont entraîné l’abandon des nourrissons handicapés au profit de ceux en bonne santé.