Les gens invisible - le fantôme de la république | Jin Tian

Je suis né dans une petite ville au sud de la Chine dans le courant des années 80, période durant laquelle la politique de l’enfant unique fut la plus stricte. Il était courant d’entendre résonner les hurlements des nouveaux-nés abandonnés aux entrées des gares et des hôpitaux. Un après-midi, lorsque j’étais enfant, mon père m’emmena à l’hôpital à cause d’une forte fièvre. Les couloirs empestaient le désinfectant. Non loin de moi, j’aperçu posé sur une chaise un nourrisson mort enveloppé d’un tissus en lambeaux. Les yeux clos, la bouche entrouverte, des mouches voletaient au dessus de son visage sombre et violacé, tourné vers le ciel. Son expression fantomatique a longtemps hanté mes nuits.

Quand j'ai grandi, j'ai parcouru le pays, j'ai vu des magnifiques villes modernes et j'ai vu aussi beaucoup gens vivre dans l'extrême pauvreté et la tragédie. Une fois, j’ai parlé de mes voyages avec des amis à Shanghai, ils ont été choqués et ils ne savent pas qu’ils ont délibérément ignoré les faits. Ceux qui vivent dans la tragédie, Pourtant, leur existence semblait être insignifiante aux yeux du monde et j’eu, au fond de moi, le sentiment que leur destin était déjà tracé. En apprenant cet incident, je me trouvais replongé dans mes souvenirs, et je ne pouvais alors m’empêcher de me demander ce que serait devenu le nourrisson, s'il n’avait pas perdu la vie. J’ai ainsi, muni de mon appareil photo, sillonné les orphelinats et les village de la lèpre dans le but de savoir ce qu’étaient devenus les survivants. Je voulais leur apporter de la visibilité, et raconter l’histoire de ces âmes oubliées.

À partir de 2014, j’ai effectué des recherches sur près de 20 orphelinats et 32 village de la lèpre dans 18 province du pays, La série d'orphelinats chinois est terminée et le projet dans le village de la lèpre est toujours en cours.