F. | Gabrielle Vigier

Le projet* a commencé avec toi.
Je me souviens t’avoir proposé de faire quelque chose ensemble.
Tu étais sensible à la matière. J’étais sensible au corps.
Nous partagions des intérêts similaires et je sentais qu’il pouvait en ressortir une certaine intimité dans lequel nos deux sensibilités pouvaient se libérer. Après plusieurs recherches et longs échanges, tu t’es proposé de poser pour moi. Tester sur toi, m’avais-tu dis pour amorcer le travail.
Cette proposition m’apparu comme une révélation.
Nous réfléchissions sur le projet et tu te plaçais au mieux pour le comprendre. Au commencement, nous ne le savions pas.
Au fur et à mesure, tu devenais la matière de notre sujet de travail.
Nous parlions de la direction mais sans jamais en définir les contours.
Nous avions chacune nos raisons. Par pudeur, ou parce que nous les devinions et percevions chacune chez l’autre, nous n’en parlions pas.
Notre intuition nous guidait. Tu habitais à Nice, j’étais à Paris.
Nous organisions des prises de vues quand cela était possible de se voir. Nous n’étions pas limitées par le temps. Le temps même en devenait
une caractéristique évidente.
F. est brut, poreux et proche. F. est nue, traces et empruntes. C’est une enveloppe sensorielle et irrégulière.
Maintenant cela ne me parait plus trouble, dorénavant je crois comprendre. Inconsciemment, nous montrons ce que nous sommes en train de chercher et d’affirmer. Une partie de nous-même.
F. est présent, est posé. Il est mouvant et s’affirme.
C’est un corps, une femme.
Elle s’appelle Florence et incarne sans doute ce que j’aspire moi-même à devenir.
Libre.

*Commencement du projet en 2015. Dernières prises de vues réalisées en 2018.