Au Salvador, quand on appartient à un gang c’est pour la vie. Mais il y a une exception : quand « Dieu réclame une âme », par la mort, ou par dévotion religieuse. La Conversion à l’évangélisme est devenue l’unique possibilité tolérée par les leaders de gang de sortir du gang en restant en vie, dans un pays dévasté par une violence endémique de plus de 20 ans.

Au Salvador, quand on appartient à un gang c’est pour la vie. Mais il y a une exception : quand « Dieu réclame une âme », par la mort, ou par dévotion religieuse. La Conversion à l’évangélisme est devenue l’unique possibilité tolérée par les leaders de gang de sortir du gang en restant en vie, dans un pays dévasté par une violence endémique de plus de 20 ans.
Durant cette période, les prisons se sont remplies et ont explosé leur capacité d’accueil, alors que les programmes de réhabilitation ouvrant aux ex-prisonniers de nouvelles options de vie sont quasi inexistants. Seules quelques églises évangélistes offrent un espace aux relâchés cherchant à changer de vie, telle l’église Eben Ezer située dans un quartier de San Salvador connu pour être sous contrôle du gang Barrio 18.
Les conversions se font généralement en prison. L’une d’entre elle située à San Francisco de Gotera dans le nord-est du pays, révèle l’importance du phénomène de conversion : en à peine deux ans, les 1 500 prisonniers condamnés pour leur activité dans le gang Barrio 18 sont tous devenus de fervents évangélistes.

Tout comme n’importe où en Amérique latine, l’évangélisme s’est étendu durant les dernières années au Salvador pour atteindre un taux estimé à 40 % de conversion de sa population. Cette religion tend à investir la sphère du politique en redéfinissant les concepts éthiques, et avec, les fondements démocratiques de ces sociétés.

Il reste difficile dans ce pays d’échapper aux gangs, car il n’existe pas de réelle politique publique proposant une alternative. Raconter l’histoire de ces anciens membres est important pour mettre en lumière leur volonté de changement et le besoin d’une action sociopolitique transformative au Salvador au travers de programmes de réhabilitation qui pourrait aider à arrêter une guerre sans nom. Raconter leur histoire est aussi important pour approfondir la compréhension des dynamique sociales alimentant la problématique des gangs.