Des visages et des peines | Christophe Meireis

Au delà de nos frontières, 60% de la population mondiale vit encore sous le joug d’une justice qui tue. En France, l’abolition de la peine de mort a été un long combat porté par des humanistes. Aujourd’hui, la montée du populisme ainsi que la propagation du terrorisme nous montrent combien cet acquis semble fragile dans l’opinion publique.

Depuis plusieurs années, Christophe Meireis va à la rencontre de détenus condamnés à la peine de mort dans les nombreux pays où celle-ci est l’instrument de la répression politique et de la discrimination liée au genre ou à la religion. Selon l’ONG Ensemble contre la peine de mort, plus de 20.000 condamnés à mort attendraient leurs exécutions dans des conditions de détention souvent bien en deçà des normes internationales. Des visages et des peines révèle entre autres les destins d’Antoinette, N’Dume, Joaquin, Lin-Xun, tous unis par une sentence commune.

Ils nous apostrophent dans une galerie de portraits impassibles et d’histoires poignantes.L’utilisationdelachambre4x5inchesnécessiteunerigueurparticulière et une certaine lenteur. Ce temps long de la pose s’affirme comme un contrepoint au temps court d’un procès expéditif, une possibilité offerte aux condamnés de clamer leur innocence. La photographie peut ainsi faire lumière là où la justice est absente.

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Antoinette, N’Dume, Joaquin, Cheng Hsing-tse, … sont unis par une sentence commune : la mort.
De quelques mois à plusieurs décennies passées dans le couloir de la mort, tous décrivent le temps qui s’étire, leur dignité prise en otage et la souffrance psychologique du quotidien. Ne plus avoir prise sur rien, ne plus avoir de choix, pas même le choix de soi.