Rencontre avec Ferit Duzyol | Photo Festival Baie de Saint-Brieuc

Voici un nouveau nom pour le festival de Saint-Brieux. Le photo-journalisme reste présent mais sous d’autres formes.
Nous voulions que le festival qui s’appelle Photoreporter s’ouvre davantage dans des expression diverses pouvoir exposer des photographes qui réalisent des sujets documentaires. C’est la raison du changement de nom du festival. Il se nomme désormais Photo Festival Baie de Saint-Brieuc. Cela symbolise ce désir d’ouverture alors que reportage nous paraissait réducteur.

C’est une volonté de l’agglomération de Saint-Brieuc, du public ou un changement d’époque ?
C’est tout cela à la fois car la diversité est une bonne chose et le public a envie de voir des choses diverses et variées. C’était bien de marquer cela avec un changement de nom.

Est-ce symptomatique d’une nouvelle génération de festival ?
Oui, c’est une tendance générale et bien que je vienne du photo-journalisme, je la comprend de plus en plus. Cela correspond à une volonté du public. Comme nous faisons ce festival pour, à la fois, le public et les photographes. Il permet aux photographes de s’exprimer et de valoriser leur travail. Les deux vont de pair. Et pourquoi mettre de coté un certain type de photo. Je souhaite pouvoir montrer toutes les créations de grande valeur.

Certaines expositions étaient déjà produites par d’autre manifestations.
Tout à fait, cela m’intéresse de montrer aux gens de Saint-Brieuc des photographes exposés dans d’autres festivals. Je souhaite apporter le meilleur au public. Ce festival apportera toujours des expositions de valeur. C’est l’une de ses missions. L’idéal est aussi de produire des expositions et l’on va s’y employer dans les années à venir.
Pour cette année de transition des résidences ont été menées. C’était la volonté de l’agglomération de Baie de Saint-Brieuc de permettre à deux photographe de faire une résidence. Florence Levillain et Vianney Le Caer ont pu travailler sur le thème qui leur tenait à cœur. Cela a permis des expositions superbes.
Pour Florence Levillain, il y a eu un grand travail pour rechercher des personnes intéressantes à photographier dans toute l’agglomération, c’était un vrai travail journalistique bien que la forme soit artistique avec une démarche très moderne. On voit cette tendance de modernité s’exprimer à merveille dans ce travail. Avec Vianney Le Caer nous avons une toute autre démarche. C’est un enfant du pays, il se souvient de son enfance. C’est pour cela que dans chaque image il y a des photos d’enfants. Il avait fait un travail sur les plages de Beyrouth et là, c’est complètement autre chose qu’il nous présente ici.


Comment les bourses sont elles organisés ?
Mon projet est surtout de pouvoir donner des bourses à des photographes qui vont produire tout au long de l’année pour les exposer à la fin.  Au lieu d’attribuer dix bourses avec des sommes de 5 à 10 mille euros on va se concentrer sur trois ou quatre bourse mais avec des montants plus importants et avec des entreprises qui nous suivent  On va lancer des appels à candidature et ouvrir une bourse à chaque fois que nous disposons d’une somme que l’on peut allouer. Nous n’allons pas attendre .
Nous allons privilégier quatre axes : le premier est la photographie, la recherche et la science parce qu’il y a dans l’agglomération beaucoup  d’entreprises de pointes dans la haute technologie, des institutions, des universités. Il y a sans doute le moyen de faire de choses avec eux.
Les autres directions vont être la photographie, l’environnement et la nature parce qu’il y a des problématique d’environnement dans la  Baie de Saint-Brieuc. Le troisième aspect ça va être la photographie et l’histoire : l’histoire de l’art, l’histoire de la photographie et l’histoire sociale. C’est très ouvert. Il y a à Saint-Brieuc le Musée d’art et d’histoire avec lequel nous avons réalisé une première coopération. Ce musée permet d’emprunter des œuvres libre de droit pour la publication. il s’agit notamment du fonds du photographe Lucien Bailly. Si l’on souhaite l’accrocher au mur chez soi, on vient au musée, on en fait la demande et on lui permet de faire un tirage. C’est une nouveauté. Il y a très peu de musées qui autorisent cela. Comme le musée appartient à la ville, il est destiné à sa population. Cette démarche permet de sortir de cette esprit où le musée est enfermé sur lui-même. Il y a des images ainsi que personne n’arrive à voir. On apprécie beaucoup la démarche du musée de Saint-Brieuc de s’ouvrir ainsi. Nous souhaitons faire avec d’autres musées de France des échanges. C’est l’un des axes de travail.

Et la quatrième pour le reportage photographique ?
Oui, car dans l’ADN du festival il y a le reportage. Cette année avec Pascal Maître nous avons un magnifique exemple. J’ai voulu montrer cette année les axes nouveau comme avec Lucie Pastureau qui a fait un travail qui s’appelle "Luminescence". Elle a une grande imagination, et elle a travaillé avec des scientifiques. Elle a travaillé  avec des médecins dans un hôpital.
Ce projet a été réalisé en 2017 dans le cadre d’une résidence culture Santé, avec les patients et soignants de l’Unité de santé de l’adolescent de l’Hôpital Saint Vincent de Paul à Lille ; en partenariat avec l’ARS et la DRAC Hauts-de-France. Elle nous propose un regard complètement différent  sur les enfants ou les adultes. Cela donne des résultats extraordinaires. Il y a également le travail conceptuel de Camille Gharbi. Elle parle d’un sujet très difficile et elle arrive à intéresser le public avec des photos où il n’y a a priori aucune trace de violence et pourtant cela parle de crimes commis au sein du foyer. Cela marque d'une empreinte forte le spectateur. La photographie permet de faire cela. C’est cela qui m’intéresse. Et pourquoi ne pas laisser la place à des travaux traditionnels comme Agnès Pataux qui a fait un travail formidable en argentique. Dans un festival comme le notre Il faut faire place à toute sorte de photographies. C’est cela que j’essaye de faire.

Vous avez établi des relations avec d'autres festivals comme La Gacilly.
C’est un festival qui a beaucoup  de ressources et une profusion de photos, mais il est à un autre niveau. Il dispose comme sélectionneur de Ciril Drouhet qui est une personne formidable. Pour l’extérieur La Gacilly était prêt à nous aider et à nous épauler. si je peux faire une économie quelque part je n’hésite pas. Il y a aussi Vendôme avec Odile Andrieu qui était présente pour l’ouverture de cette nouvelle édition du festival. À l’inauguration du festival on a décidé de travailler ensemble et de faire des échanges sur des travaux de qualité.  Pourquoi ne pas montrer à Saint-Brieuc ce qui est montré à Vendôme  et vice versa ?
Je cherche à pouvoir montrer ici des œuvres produit par des jeunes photographes européens. Travailler avec les écoles de photographie et montrer les nouvelles tendances. J'ai très envie de montrer cela. Je suis prêts à accueillir toutes les œuvres de qualité comme c'est fait à la Bourse du Talent une institution qui a prouvé sa qualité depuis tant d’années. C’est apprécié et l'exposition à la BnF est de très haute qualité aussi. Ma devise est toujours plus. Dès que je peux ajouter quelque chose d'original je n'hésite pas…