Thomas Morel-Fort | Une vie à servir

« Donna et ses amies ont laissé leurs familles et leurs enfants aux Philippines pour travailler dans les beaux quartiers à Paris. La condition de domestique est leur «  destin » disent ces jeunes femmes. Le photographe Thomas Morel-Fort s’est fait embaucher avec elles. » *

Plus de 50 000 Philippins vivent en France. Plus de la moitié d’entre eux sont des travailleurs clandestins sans papiers. Ce reportage se concentre sur les femmes de ménage surnommées « Filipinas » qui représentent 80 % de cette main d’oeuvre domestique et qui travaillent le plus souvent dans les beaux quartiers de l’ouest parisien et dans des villas de la Cote d’Azur.

Pendant trois ans j’ai pu suivre au plus près le quotidien de plusieurs « Filipinas » .

Donna est une employée domestique arrivée en France il y a cinq ans . Elle travaille pour une riche famille des pays du Golfe. Elle m’as fait découvrir ce qui se cachait derrière ce terme d’ « employé domestique » . La précarité de leur statut de sans papiers, leurs conditions de travail qui souvent relève de l’exploitation domestique , l’immunité diplomatique dont bénéficie leurs employeurs , leurs difficultés et leur espoir d’échapper a leur situation précaire . Mais également leur vie quotidienne au sein de la très discrète communauté philippine .

Me présentant comme un ami avec lequel elle avait l’habitude de travailler j’ai pu réussir a être moi- même embauché comme homme de ménage dans la villa d’une riche famille lybienne sur la Cote d’Azur pendant 1 mois et demi. J’y ai fait la connaissance de Tita , nourrice, présente dans ce reportage a qui l’ont avait confisqué son passeport pour pas qu’elle ne quitte la famille pour laquelle nous travaillions. De retour en Angleterre elle a immédiatement quitté cette famille car elle y était régularisé . J’ai ensuite a mon retour a Paris recueilli au jour le jour les témoignages des amis de Donna, toutes employées domestique sans papiers et particulièrement ceux de Myrna, Jhen , Doris , Gin.

Myrna , 48 ans, est arrivée a Paris il y a six ans . Elle travaillait pour une princesse saoudienne en Arabie Saoudite. Pendant les vacances de la famille de sa patronne a Courchevel, elle s’est enfuie avec une autre employée philippine de leur chalet. Apres s’être caché pendant quelques mois dans un foyer de sans abri elle a pu se rendre a Paris.

Jhen , 34 ans, est arrivée il y’a quatre ans a Paris. Elle travaille également pour une princesse saoudienne mais pas a plein temps. Elle a également d’autres patrons chez qui elle fait des ménages. comme la plupart de ces « Filipinas » elle vit avec son compagnon dans une chambre de bonne de moins de 10m2 du 16eme arrondissement de Paris.

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