La Bourse du Talent #56 Paysage va à Léo Delafontaine

Réuni jeudi soir dans les locaux de la Nikon School à Paris, le jury a récompensé Léo Delafontaine pour son travail intitulé "Barentsburg". Le duo composé de Matthias Pasquet et Elodie Marchand et leur série "Vestiges" ont décroché le coup de coeur du jury.

© Léo Delafontaine

"Enfin !" s'est exclamé Léo Delafontaine en apprenant la nouvelle. Le photographe âgé de 29 ans, membre du collectif France(s) Territoire liquide, avait déjà fait partie des finalistes de la Bourse du Talent Paysage. La série primée, Barentsburg, raconte l'histoire d'une petite ville minière située dans l'Arctique. "On est en territoire norvégien, mais la concession est russe," explique le lauréat. "D'autres pays signataires du traité du Spitzberg pourraient exploiter le sol, mais les Russes sont les seuls à le faire pour des raisons géopolitiques." Léo Delafontaine a choisi de photographier la ville mais aussi ses habitants. "Un peu plus de 300 personnes vivent à l'année dans des conditions extrêmes : il fait nuit pendant six mois de l'année, et les températures atteignent parfois -30 degrés. C'est un endroit qui n'a quasiment pas bougé depuis l'époque soviétique : on retrouve encore des statues de Lénine. Barentsburg est un portrait de la ville dans sa globalité, avec ses habitants, ses infrastructures, ses paysages." L'artiste revendique une photographie inspirée à la fois du courant documentaire et plasticien : "Le fonds est documentaire, mais la forme est plus libre. Dans mes photos, il n'y a pas d'instant décisif : ça ne me dérange pas de demander aux gens de poser, de réfléchir à la photo avec eux."   

"Une esthétique qui se détache de la vieille école française"

"Léo Delafontaine a présenté un sujet est très pertinent, et profondément intéressant du point de vue géopolitique," a déclaré Gabriel Bauret, commissaire d'expositions et membre du jury. "Barentsburg est un travail contemporain et très représentatif des tendances actuelles en matière de photographie documentaire. L'artiste développe une esthétique qui se détache de la vieille école française : l'accent est mis sur la composition, la couleur, la mise en scène des sujets." Selon Matthieu Nicol, directeur de l'agence Too many pictures, "l'histoire que nous raconte Léo est très bien ficelée : à la fois l'angle, les images, les tirages et le travail journalistique."

"Ce travail mérite d’obtenir une visibilité et d’être porté  à l’attention du public tant pour sa qualité photographique que par son propos, très peu traité et qui est à la fois social, environnemental  et reflète une stratégie politique très dure," a commenté Christine Ollier, directrice de la galerie Les Filles du Calvaire.

© Matthias Pasquet et Elodie Marchand

Léo Delafontaine et Matthias Pasquet et Elodie Marchand, coup de coeur du jury, seront exposés en décembre prochain à la Bibliothèque nationale de France. Les artistes sélectionnés aux côtés des lauréats étaient : Aurore Vullierme (Oren) ; Thomas Guillin (Tarascon sur Ariège) ; Pierre Ollier (Onshore Daylight) ; Marion Gambin (Nos vieux jours heureux : les "Sun City") ; Martin Donet (Le Clos St. Antoine) ; Lucie Jean (Down by the water) ; Guillaume Amat (Espaces mémoriels) ; Clara Chichin (Sous les yeux que quelques minutes épuisent) ; Amélie Chassary (Pas si loin) et Cécile Burban (Dernières séances). 

Le jury était composé de : Christine Ollier (directrice de la Galerie Les Filles du Calvaire) ; Patrick Tourneboeuf (photographe) ; Patrick Le Bescont (directeur des éditions Filigranes) ; Gabriel Bauret (commissaire d'expositions) et Matthieu Nicol (Too many pictures). 

Décernée par Photographie.comPictoNikonHerezla Bibliothèque Nationale de FrancePixPalaceImaging Ilford et les Cyclopes, la Bourse du Talent soutient la photographie émergente depuis 1998. Quatre sessions sont organisées chaque année : reportage, mode, portrait et paysage. 

Roxana Traista

4/10/2013

http://www.leodelafontaine.com/